Texte / Extraits / Paul Auster « Disparitions »

INTERIEUR

 » Chair déchirée

du tout autre.

Et chaque chose ici, comme si c’était la dernière chose

à dire: le son d’un mot

marié à la mort, et la vie

qui est cette force en moi

à disparaitre.

Volets clos. La poussière

d’un moi antérieur, vidant l’espace

que je ne remplis pas. Cette lumière qui croît au coin de la pièce,

là où la pièce entière

a basculé.

La nuit ressasse. Une voix qui ne me parle

que de choses infimes.

Pas même des choses – mais de leurs noms.

Et où n’est n’est aucun nom –

de pierres. Le tintamarre des chèvres

remontant par les villages

de midi. Un scarabée

dévoré dans la sphère

de sa propre fiente. Et le pullulement violet

des papillons au loin.

Dans l’impossibilité des mots,

dans le mot imprononcé

qui asphyxie,

je me trouve.”

Paul Auster ” Disparitions” 2008

Publié par

MdlBook Watts

Photo, Livres, textes & Cie

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