ReadList #3 / Don Carpenter « Un dernier verre dans un bar sans nom »

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Paru en mars 2016 chez Cambourakis pour sa première traduction française, Un dernier verre dans un bar sans nom de Don Carpenter vient de sortir en poche chez 10/18.

Manuscrit inachevé écrit  entre 1993 et 1994, il a été retravaillé par Jonathan Lethem, écrivain et très bon connaisseur du style Carpenter, et a pu ainsi arriver jusqu’à nous.

Né en 1931, Don Carpenter passe les premières années de sa vie en Californie puis s’installe à Portland (Oregon) pour y faire ses études. Il s’engage ensuite dans l’armée de l’air et part pour la Corée. C’est lors d’un voyage à Kyoto qu’il tombe amoureux de la culture japonaise. C’est en 1966 qu’il connaît son premier succès avec Hard Rain Falling (Sale temps pour les braves). A partir de là il se consacrera totalement à l’écriture.

Son entourage se compose de nombreux écrivains marqués Contre-Culture, dont son ami Richard Brautigan, et il côtoie de près les auteurs de la Beat Generation et la scène littéraire de San Francisco. Il travaillera aussi de nombreuses années en tant que scénariste à Hollywood et ces deux thèmes seront souvent repris dans ses ouvrages. Les romans suivants ont cependant beaucoup moins d’impact et son succès restera intimiste. Dans les années 70 il tombe dans l’anonymat et sombre dans l’alcool. Il se suicidera en 1995, dix ans après Brautigan, à la suite d’une grave maladie. Il compte à son actif une dizaine de romans et recueils de nouvelles.

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« Si je pouvais exprimer mes idées sur l’Univers sans passer par la fiction, je le ferais. » D. Carpenter

Avec Un dernier verre dans un bar sans nom, Don Carpenter nous livre un roman semi-autobiographique de qualité dans un style simple et décontracté.

Nous entrons dés les premières pages dans la vie de Charlie Monel et Jaime Froward et la suivrons de leur première rencontre à l’université jusqu’à leur séparation 15 ans après.

Lui, aspirant écrivain  travaille sur son roman de guerre fondé sur son expérience militaire pendant la guerre de Corée où il a été captif pendant plus de six mois. Pressenti comme le prochain Herman Melville avec un « Moby Dick de la guerre », il passera des années à peaufiner son œuvre, à l’extraire de ses tripes, mais sans jamais réussir à le faire publier. Ce sera finalement Hollywood qui lui offrira une chance d’en faire quelque chose.

Jaime, elle, est une jeune étudiante à l’écriture prometteuse. Après quelques années elle se lance enfin et devient une écrivain reconnue.

Tout le roman se construit  autour de la vie de ces deux personnages, de leurs frustrations, de leurs joies, de leurs relations à l’écriture dans sa dimension tant créative que corrosive et bien sûr de leurs rencontres . Apparait alors le personnage de Dick, écrivain nouvelliste qui voit enfin un de ses textes publié dans la revue Playboy mais qui sera vite déçu par son manque de talent manifeste. Celui de Stan Winger, ancien détenu, voleur en activité mais dont le désir secret est d’écrire et qui parviendra à son but. Bien entendu on y trouve aussi les agents littéraires, les éditeurs, les réalisateurs hollywoodiens. Tous les thèmes chers à la plume de Carpenter.

Des petits bouts de lui-même, de ses amis, de ses relations habitent les personnages et leur donnent cette substance si vraie que l’on pourrait s’imaginer au bout d’une table de bar à écouter, à regarder, à partager des vies. Les vies de ces hommes, ces intellectuels de divers horizons, passionnés et rêveurs,  leurs motivations, leurs craintes, leurs désirs, leurs envies d’écrire et de palper ce sentiments envoûtant de gloire qui pointe à leurs portes pour disparaître aussi vite,  les laissant tristes et frustrés.

Je n’en dis pas plus et pourtant il y a de quoi dire! Entre Métaphores et Humanité ce roman est d’une richesse incroyable.

Le mot de l’éditeur:
La vie d’une bande de loosers magnifiques qui rêvent de percer dans le milieu littéraire. Le livre posthume de Don Carpenter, et son meilleur roman.
Lorsqu’il rencontre Jaime sur les bancs de la fac, Charlie en tombe immédiatement amoureux. Elle est bien meilleur écrivain, mais c’est lui qui décroche un prix et ambitionne d’écrire le «Moby Dick de la guerre ». Dans le sillage charismatique du couple, déménagé à Portland, une bande d’écrivains se forme. Au tournant des années 1950-1960, tous rêvent de succéder à une Beat Generation agonisante. De la Californie à l’Oregon, entre succès éphémères et échecs cuisants, ils écument les bars de la côte Ouest et font le deuil de leurs illusions.

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Publié par

MdlBook Watts

Photo, Livres, textes & Cie

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