Femmes en pause: MC, Musique

À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir ; ce qui est certain, c’est qu’elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n’y saurait pénétrer.
Cioran, De l’inconvénient d’être né.

Femmes en pause: MC

Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j’ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j’avais la puissance d’activité, ou en d’autres termes j’ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère. Vincent van Gogh

 

Lac d’Auvergne: Lac du Guéry

« Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu’au soir ;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine,
Le lac, divin miroir ! » HUGO

Lac d’Auvergne : Lac d’Aydat

« Les réalités de la nature dépassent nos rêves les plus ambitieux. » Auguste Rodin

Au bord de l’eau

“Les femmes sont curieuses ; fassent le ciel et la morale qu’elles contentent leurs curiosités d’une manière plus légitime qu’Ève leur grand-mère, et n’aillent pas faire des questions au serpent.” T.Gautier

Books/ ReadList#3 L’Intégrale !

pixiz-24-05-2017-22-41-23.jpg

Retrouvez-ici l’intégralité de la ReadList#3 !

photo Marie-Ève LACASSE, Peggy dans les phares, Éd. Flammarion, 2017.004508470

« Pour nous aimer, Françoise, il nous a fallu monter un rempart contre le monde, dans un grand silence où règne un équilibre d’amour. Ce que je dissous dans l’alcool, la nuit et toi me donnent la pleine conscience d’une richesse qui m’était jusqu’alors inimaginable. »

julia-kerninon Julia KERNINON Une activité respectable, Éd. du Rouergue, 2017.    9782812612039

« Comme tous les livres nous mènent à d’autres livres, ils nous font ricocher – nous lisons comme Dante se laissant guider par Virgile dans la forêt sauvage du pêché. Dans les bibliothèques, dans les librairies, les voir tous côte-à-côte, si nets, comme des compartiments dans un columbarium, chacun renfermant une voix, une aria, je ne connais rien de mieux. Je reviens toujours là. C’est tout. »

images Don CARPENTER Un dernier verre dans un bar sans nom, 10/18, 2017004653663.jpg

« Le Jolly Joan était ouvert toute la nuit, une grande salle pleine d’oiseaux de nuit et d’insomniaques, l’un des rades où Stan avait l’habitude de traîner quand il était à la rue. Les habitués se connaissaient tous plus ou moins, ne serait-ce que de vue, et, un soir, Stan et Marty avaient discuté jusqu’à quatre
heures du matin, assis côte à côte au long bar. »

AVT_Tim-Murphy_6898 Tim MURPHY L’immeuble Christodora, Éd. Plon, 2017index

«J’ai travaillé très fort pour trouver l’équilibre entre les faits et la fiction. Pour créer des personnages possédant une vie intérieure tout en insérant sur leur parcours ce qui s’est vraiment produit» Tim Murphy

téléchargement Irvine WELSH La vie sexuelle des soeurs siamoises, Diable Vauvert, 2017téléchargement

« C’est cette merde qui est en train de foutre votre vie en l’air, et c’est ce
qui finira par vous tuer, bordel de merde! Mes mots ont réussi à transpercer sa couche de graisse pour se planter au plus profond d’elle. Je peux voir ses plaies personnelles béantes, saigner sous mes yeux. »

joe-meno.jpg Joe MENO Le Blues de La Harpie , Éditions Agullo, 2017  Le-Blues-de-la-harpie

« Pas moi. Moi, je me retrouvais coincé, comme je l’avais toujours été – en taule ou au taf, ça ne changeait pas grand chose. A regarder le monde entier faire le plein puis s’en aller, un type pouvait à la longue éprouver une affreuse sensation d’enfermement, une solitude terrible, si vous voyez ce que je veux dire. »

Eiríkur-Örn-Norðdahl-©-Philippe-Matsas1.jpg Eirikur ÖRN NORDDAHL Heimsla, la stupidité, Éditions Métailié, 2017   heimska.jpg

« Avant de l’épouser, Áki avait prévenu Lenita que, si elle le trompait, il ne se gênerait pas pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Je sortirai et je coucherai avec quelqu’un d’autre, avait-il menacé. N’importe qui, avait-il répété en voyant qu’elle ne répondait pas. »

 

Suivez MdlBook sur YouTube !

téléchargement

 

Books/ ReadList #3 / Eirikur Orn Norddahl « Heimska la stupidité »

heimska-la-stupidite-9791022605359_0.jpg

Dernier opus de la ReadList#3!

Dans un monde où Internet est la plus belle source de progrès comme la plus dangereuse, Eiríkur Örn Norddahl nous met en garde contre la force de destruction que peuvent avoir les nouvelles pratiques du web sur les valeurs primordiales de l’humanité. A l’heure où tous prônent férocement le respect de la vie privée, à quel point sommes-nous victimes de notre propre « liberté » virtuelle?

Heimsla, la stupidité, paru chez Métailié au début de l’année nous offre une vision terrible mais tellement vraie de la réalité du no limit du web une fois pris dans ses griffes…

Né à Reykjavik en 1978, Eiríkur Örn Norddahl commence à écrire dans les années 2000 mais n’en vit pas. Voyageur et curieux des différentes façons de vivre des gens, il passera quelques années à Berlin, Helsinki et récemment au Vietnam. En 2004 il fonde le collectif poétique d’avant-garde Nyhil, en Islande avec plusieurs de ses comparses. En 2008, il a reçu le Icelandic Translators Award pour sa traduction du roman de Jonathan Lethem, Les Orphelins de Brooklyn. Il a obtenu une mention Honorable au Zebra Poetry Film Festival de Berlin en 2010 pour son animation poétique,  Höpöhöpö Böks. En  2012 Norddahl a reçu le Icelandic Literary Prize, catégorie fiction et poésie, ainsi que le Book Merchants’ Prize pour son roman Illska.

Heimsla, la stupidité, a obtenu le prix Transfuge du meilleurs roman scandinave 2017.

Eirikur Örn NORDDAHL

L’Islande du futur est un pays hyper-connecté. Chaque seconde de votre vie est filmée, partagée, jetée en pâture sur la place publique. Tous vos gestes sont étudiés, « Les gens avaient cessé de baiser portes closes ou de déféquer en privé ». 

C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance de Lenita et Áki Talbot.

Tous les deux écrivains et tout juste divorcés, ils cherchent à faire souffrir l’autre en se partageant mutuellement toutes leurs incartades sexuelles. le roman commence d’ailleurs par ça. Lenita est sauvée de son « obligation » de regarder en direct via webcam les scènes de sexe de son ex grâce à une coupure de courant. S’en suit le combat qu’ils vont tous deux mener pour un roman qu’ils ont écrit à l’identique etc…

Heimska c’est le tableau du voyeurisme exacerbé à l’extrême, un portrait d’une société où tout peut nous échapper. Une plume sarcastique et bien maîtrisée qui nous montre ce que le monde pourrait devenir si nous ne faisons pas plus attention à préserver notre intimité. 

Un roman court qui survole avec cynisme et sarcasme notre société connectée. Personnellement cela me rappelle un des épisodes de Black Mirror où l’on ne vit plus que par notre place dans le monde des réseaux sociaux et le succès que les autres nous vouent. Les gens arrivent à un extrême où, dans leurs cerveaux malades, ils ne peuvent exister s’ils ne sont pas vus de tous… Inquiétant!

pixiz-24-05-2017-13-24-49

Futur proche, bienvenue dans la surVeillance : les caméras sont partout, impossible de se déconnecter. Au royaume de la transparence, tout ce qui est caché est suspect.
Áki et Lenita viennent de se séparer et se vengent par personnes interposées en se livrant à toutes sortes d’expériences sexuelles sous l’œil attentif des webcams. Tous deux écrivains, ils achèvent chacun leur roman. Un roman unique. Qui fera date.
À Isafjördur, le soleil de minuit commence à pâlir et les mystérieuses coupures d’électricité se multiplient, privant les habitants des joies du voyeurisme ; un groupe d’étudiants en arts squatte une ancienne usine de crevettes en cultivant des projets louches ; les autorités sévissent, pas toujours raisonnables.Dystopie contemporaine, Heimska est une satire vibrante de notre addiction à la vie des autres, de notre obsession de la transparence, de notre vanité sans bornes. Norðdahl passe le monde à la moulinette : l’art, l’amour et la politique sont autant d’illusions narcissiques qu’il convient de déboulonner avec une joie féroce. « Eiríkur Örn Norðdahl n’a peur de rien. » Sophie Joubert, L’Humanité

Suivez mdlBook sur Youtube !

images

Femmes en pause: JH

« La femme est dans le feu, dans le fort, dans le faible, la femme est dans le fond des flots, dans la fuite des feuilles, dans la feinte solaire où comme un voyageur sans guide et sans cheval j’égare ma fatigue en une féerie sans fin. » Aragon

Musique / Almost Famous ♥ 2017 #1

Le retour l’Almost Famous Webzine !

« Bon c’est pas tout ça mais il est vrai que deux ans, ça fait long… mais parfois c’est bénéfique pour retrouver la flamme, ce pourquoi on a décidé un jour de créer une bulle de passion virtuelle !
Alors pour cet article, le premier depuis longtemps, j’ai décidé de revenir en musique avec une sélection des titres que j’écoute le plus cette année.

2017, un bon cru me semble-t’il, à commencer par ce single de Grizzly Bear, Three Rings, tant attendu, pour ma part, depuis 2012 et cette merveille de Shields, on y reviendra dans le courant de l’été…

Grandaddy prend la seconde place, avec un retour plus que gagnant, après 12 ans d’absence, et force est de reconnaître que l’album, Last Place, ne déçoit pas, loin de là, sans doute mon album de l’année !

Et le titre suivant, The Sadies avec Kurt Vile en featuring, bon j’avoue tout de suite, Kurt y est pour beaucoup, ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime le garçon et ce morceau, un bijou !

Quand je dis que 2017 est un bon cru, c’est aussi le retour de Slowdive, 22 ans, oui, longue attente et une belle surprise, un pari réussi… et la suite je vous laisse la découvrir, on reprend les vieilles habitudes, 15 titres, des nouveautés qui ont émoustillé mes oreilles, le début d’une série de playlists, et bien sûr les thématiques au fil des humeurs et des envies ! » ( article copié sur Almost Famous Webzine)

ReadList #3/ Joe Meno « le Blues de La Harpie »

Le-Blues-de-la-harpie

J’ai découvert Le Blues de La Harpie de Joe Meno à sa sortie en France au mois de mars chez Agullo.

Agullo Editions… Je ne connaissais pas vraiment, juste de vue.

La collection est chouette, un graphisme décalé, une thématique variée et marginale qui rentre pile-poil dans le type de littérature qui peut m’attirer.

Pourquoi ne pas tester?  Et bien je n’ai pas été déçue!

Joe Meno est né en 1974 aux États-Unis . Journaliste pour Punk Planet, le New York Times et Chicago Magazine, il fait ses études à Chicago et sera entre autre professeur dans un centre de détention pour mineurs. Il publie son premier roman, Tender as Hellfire, en 1999 et écrira par la suite de nombreux récits, notamment policiers comme ici, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre. 

Le Blues de la Harpie est son premier roman paru en France.

joe-meno

« C’est fou ce qu’un homme désespéré serait prêt à faire pour rester sain d’esprit. » Le Blues de La Harpie.

index

Agullo Éditions a été créée en 2015 après la rencontre de quatre dingues de culture et de partage: Nadège Agullo, Sébastien Wespiser, Estelle Flory et Sean Habig.

Quoi de mieux pour sélectionner un catalogue riche et original qu’un regroupement d’anciens éditeurs, libraires et graphistes !

« Nos livres s’inscrivent dans un monde où la curiosité et l’appétence de l’autre sont les meilleurs remèdes contre la peur et l’ignorance; où un grain de fantaisie, un point de vue décalé et une dose d’humour sont les ingrédients nécessaires à une bonne lecture. »

Je vous invite à aller jeter un œil à leur site : http://www.agullo-editions.com

Demon

Dans Le Blues de La Harpie, nous voilà sur les pas de Luce Lemay, jeune homme d’une vingtaine d’année, qui vient tout juste de sortir de prison pour une tragique erreur de jeunesse: après un vol idiot dans une boutique de spiritueux pour préparer sa fuite avec la jeune femme dont il était amoureux, Luce, stressé et soûl, ne voit pas une femme et son enfant traverser la route. Il percute le landau et tue le bébé. Cette image surgira à jamais dans ses cauchemars et le suivra toute son existence.

Dans les premières scènes du livre nous suivons Luce lors du trajet en bus qui le ramène de la prison à La Harpie. C’est là que va se poser le principal de l’intrigue, dans ces longues minutes où tout commence, où tout resurgit aussi. Les fantômes du passé, le poids du présent, le fragile espoir en l’avenir. Nous faisons aussi brièvement connaissance avec les protagonistes de l’histoire: Charlène (qu’il croise dans le bus, sœur d’une de ses anciennes petites copines. Elle deviendra sa raison de vivre ) , Junior (qu’il va retrouver, ancien camarade de cellule complètement barré), Clutch Everest (le bon samaritain qui croit en la seconde chance et va lui donner du boulot), El Toreador (l’ancien détenu qui veut sa peau), et bien sûr les villageois de La Harpie qui, il en est sûr, ne vont pas l’accueillir les bras ouverts. Il y a aussi ensuite les locataires de l’hôtel miteux où il va avoir une chambre, anciens détenus, prostituées, rebuts de la société et la tenancière complètement folle qui s’est laissée bouffée par le chagrin.

EPV0375

Comment Luce va-t’il trouver sa place dans cette étouffante bourgade, accompagné, en plus, d’un comparse brave et gentil mais fou à lier?

Ce jeune homme dévasté, qui redémarre une vie qu’il veut droite et pleine d’expiation va vite se retrouver le cul entre deux chaises entre le désir de garder profil bas et celui de refuser l’injustice et de protéger les siens.

On le trouve sympathique, on le regarde tendrement, on espère que tout ira bien pour lui. Mais bien entendu tout ne va pas bien aller… Rien n’est plus cruel que l’humain et il est très difficile de réussir à survivre au jugement de ceux qui oublient souvent qu’ils n’ont eux même pas une vie exemplaire…

Je n’en dirais pas plus car c’est un roman à lire et non à raconter. On ne peut pas le résumer, et c’est tant mieux!

Joe Meno dénonce ici la difficulté de réussir sa réhabilitation dans le monde extérieur que l’on soit repenti ou pas. Quels que soient les efforts et la conduite tenue la foule accusatrice ne pardonne pas. Criminel un jour, Criminel toujours. Telle pourrait être la devise de La Harpie.

Alors qu’il vient de voler la caisse d’un débit de boisson dans l’espoir de s’enfuir avec sa petite amie, Luce Lemay perd le contrôle de sa voiture et renverse un bébé dans une poussette, le tuant sur le coup. Trois ans plus tard, il sort de prison en liberté conditionnelle et revient dans sa ville natale de La Harpie, Illinois. Un boulot à la station-service l’y attend, où un ami ex-taulard, Junior Breen, homme-enfant géant tourmenté et poète à ses heures, condamné pour avoir tué une fillette alors qu’il avait 15 ans, travaille déjà et l’a recommandé. Tous deux tentent de rester sur le droit chemin de la réinsertion, mais les choses se compliquent quand Luce tombe amoureux de la belle Charlene. Ni les parents de Charlene, ni son ex-fiancé, Earl Pete, ne voient d’un très bon œil la romance naissante entre la jeune femme et le repris de justice. Earl jure de chasser Luce de La Harpie et rallie à sa cause une bonne partie de la ville qui a bien du mal à tirer un trait sur le passé. Peu à peu, le climat devient irrespirable et dangereux pour Luce et Junior. Les deux amis parviendront-ils à échapper à la violence qui semble les poursuivre quoi qu’ils fassent ? La rédemption viendra peut-être de l’amour, seule force lumineuse capable de balayer l’obscurantisme. Portrait saisissant d’une petite ville du Midwest où le dialogue passe plus souvent par les poings que par la parole, ce roman noir et poétique offre une âpre réflexion sur la violence d’un pays qui croit encore à la peine de mort et à l’idée de se faire  » justice  » soi-même.
Joe Meno est lauréat du prestigieux Nelson Algren Literary Award, du Pushcart Prize, du Great Lakes Book Award, et finaliste du Story Prize (prix de la nouvelle).

Suivez MdlBook sur Youtube!

images